vendredi 10 août 2018

L’infertilité dans le couple



Chaque année en France, 50 000 couples consultent un médecin pour un problème d’infertilité. A l’échelle mondiale, on estime qu’un couple sur six est confronté à ces questions.

Louise Brown, premier bébé éprouvette, est née en 1978 en Grande-Bretagne. Quatre ans plus tard, en France, Amandine voyait le jour. Depuis, 10 000 enfants sont nés dans les cliniques et hôpitaux français grâce à cette technique. Et en ce qui concerne l’insémination avec donneur, 30 000 naissances ont été enregistrées en France en 20 ans.

L’aide médicale à la procréation s’est considérablement développée en France. Grâce, bien sûr, aux succès de nos équipes médicales et biologiques très performantes, mais aussi grâce au remboursement d’une grande partie des soins, qui a permis l’accès à ces techniques à un plus grand nombre de patients.

Cette démocratisation, avec la médiatisation qui l’accompagne, font qu’être stérile n’est donc plus vraiment une fatalité ou une sanction divine. Paradoxalement, on peut aujourd’hui être stérile et faire un enfant. Encore faut-il bien comprendre ce qu’on soigne, pourquoi on le soigne et comment on le soigne.

Les hommes ont mis des siècles pour comprendre les mécanismes qui lient les relations sexuelles à la fertilité. Et c’est de la meilleure compréhension des mécanismes biologiques que datent les progrès faits dans les traitements.

Il en va de même pour les couples. Aucun individu n’a la science infuse. La grande majorité des couples fait un enfant en ayant des relations sexuelles, mais sans savoir exactement ce qui s’est passé à l’intérieur des corps.

La minorité des couples stériles essaie en vain de parvenir à une grossesse en ayant des relations sexuelles comme les couples fertiles, et ne comprend pas pourquoi l’enfant ne paraît pas. Déjà débutent les angoisses, les incertitudes, les questions.

Les idées fausses, les idées folles ne vont pas tarder à envahir le psychisme de la femme et de l’homme... et peuvent rapidement influencer négativement la fertilité.

Il arrive en effet que certains couples, ignorant ou ayant mal compris le principe de l’ovulation, croient que celle-ci intervient toujours le même jour ; ils s’obligent alors à un rapport sexuel à date fixe et s’abstiennent le jour où l’ovulation se produit réellement.

Il arrive aussi qu’une mauvaise interprétation de la courbe de température conduise certains couples à attendre la montée de la courbe pour avoir un rapport sexuel lorsque c’est signe que l’ovulation est passée et qu’alors les chances de grossesse sont minimes.

Il arrive encore que le désir de ne pas manquer l’ovulation amène certains couples à répéter les rapports plusieurs fois par jour. Or, chez certains hommes cette répétition diminue considérablement les qualités fécondantes du sperme.

Il arrive enfin que certaines femmes, juste après un rapport sexuel, aillent se faire une toilette vaginale quand, parfois, il faut quelques minutes pour que les spermatozoïdes montent dans l’utérus ; ou que d’autres, n’ayant pas bien compris la prescription médicale, placent dans leur vagin des médicaments prévus pour être pris par voie orale...

Autant d’exemples qui peuvent arriver à chacun de nous, surtout lorsque nous nous trouvons face à un éminent spécialiste que nous ne voulons pas "embêter trop longtemps". Pourtant, bien comprendre permet souvent de gagner du temps dans les traitements.

Un couple ne devrait jamais sortir d’une consultation en ayant le sentiment que la médecine et son jargon lui sont inaccessibles. Tout patient doit pouvoir obtenir de son médecin une explication claire et précise sur sa maladie et le traitement ou les soins qu’il va suivre.

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